Le reporting extra-financier change de dimension. Avec la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) entrée en vigueur progressivement depuis 2024, les entreprises doivent désormais documenter leurs impacts environnementaux avec la même rigueur que leurs comptes financiers. Le matériel informatique en fin de vie représente un levier concret et mesurable — à condition de savoir quelles données collecter et comment les présenter dans votre rapport RSE. Ce guide couvre les métriques disponibles, les standards de reporting applicables, et comment votre prestataire de rachat peut devenir un fournisseur de données RSE.
Ce que la CSRD exige sur le matériel informatique
Les standards ESRS applicables
La CSRD s'appuie sur les European Sustainability Reporting Standards (ESRS). Pour le matériel informatique en fin de vie, deux standards sont directement pertinents :
- ESRS E5 — Utilisation des ressources et économie circulaire : il impose de documenter les flux de matières entrants et sortants, le taux de réemploi et de recyclage, et les actions menées pour prolonger la durée de vie des produits. Le rachat de parc informatique contribue directement à ces indicateurs.
- ESRS E1 — Changement climatique : les émissions évitées grâce au réemploi peuvent être incluses dans le reporting scope 3 (catégorie 11 — utilisation des produits vendus, ou catégorie 12 — traitement en fin de vie des produits). Le cadre méthodologique ADEME Base Carbone est la référence française reconnue.
Le calendrier d'application
- Grandes entreprises (> 500 salariés ou > 50 M€ de CA) : obligations CSRD applicables depuis l'exercice 2024, rapport publié en 2025.
- Grandes entreprises non cotées et ETI (> 250 salariés) : exercice 2025, rapport en 2026.
- PME cotées : exercice 2026, rapport en 2027.
Si votre entreprise est dans le périmètre 2025-2026, les données de vos cessions IT de l'exercice en cours doivent déjà être collectées.
Les métriques à demander à votre prestataire de rachat
Un prestataire de rachat structuré est en mesure de fournir, pour chaque lot traité, les métriques suivantes :
Métriques d'économie circulaire (ESRS E5)
- Nombre d'équipements remis en réemploi : exprimé en unités et en pourcentage du lot total. Le réemploi direct (revente sur le marché secondaire) est le niveau le plus vertueux dans la hiérarchie de traitement des déchets.
- Nombre d'équipements orientés vers le recyclage : pour les équipements non fonctionnels ou trop anciens pour le réemploi, le recyclage via filière DEEE agréée ADEME est la voie suivante.
- Taux de réemploi du lot : indicateur clé à intégrer dans votre reporting E5. Un prestataire professionnel atteint typiquement 60 à 80 % de réemploi sur un parc professionnel en bon état.
- Masse totale traitée : en kilogrammes, décomposée par catégorie (laptops, desktops, serveurs, écrans, périphériques). Requis pour le reporting DEEE.
Métriques climatiques (ESRS E1 / Bilan GES)
- Tonnes de CO2 équivalent évitées : calculées en comparant la production de matériel neuf équivalent avec le réemploi du matériel existant. La méthodologie de référence est l'ADEME Base Carbone — référentiel français reconnu par l'ADEME pour les bilans GES.
- Kilogrammes de matières premières préservées : métaux rares (indium, cobalt, terres rares), cuivre, aluminium — données calculables à partir de la composition type des équipements par l'ADEME.
Pour comprendre l'impact RSE global du rachat informatique, consultez notre article sur les engagements ESG et le rachat de parc informatique.
Intégrer ces données dans votre rapport RSE
Alignement avec les standards GRI
Pour les entreprises qui reportent selon les standards GRI (Global Reporting Initiative) — encore largement utilisés en parallèle de la CSRD —, les indicateurs les plus pertinents sont :
- GRI 306-2 : déchets par type et méthode d'élimination — votre bordereau DEEE et les données de réemploi y contribuent directement.
- GRI 305-3 : émissions indirectes de gaz à effet de serre (scope 3) — les CO2 évitées via le réemploi peuvent être mentionnées ici, avec la méthodologie utilisée.
Format de présentation recommandé
Pour que vos données soient utilisables par votre auditeur RSE ou votre commissaire aux comptes chargé de la vérification des informations extra-financières, présentez-les sous forme de tableau par exercice :
| Indicateur | Exercice N | Exercice N-1 | |---|---|---| | Équipements cédés (unités) | — | — | | Dont réemployés (%) | — | — | | Dont recyclés filière DEEE (%) | — | — | | CO2 évitées (t éq. CO2) | — | — | | Masse totale traitée (kg) | — | — |
Demandez à votre prestataire de rachat ces données dans un format PDF signé, transmissible à votre commissaire aux comptes.
Constituer un dossier de traçabilité auditable
Pour que vos métriques RSE résistent à un audit externe (vérification CSRD par un OTI — Organisme Tiers Indépendant), chaque donnée doit être étayée par des documents sources :
- Bordereau DEEE : prouve le volume traité et la conformité de la filière (éco-organisme agréé ADEME)
- Certificats d'effacement : prouvent la conformité RGPD du traitement des données
- Rapport de traitement du prestataire : détaille le sort de chaque équipement (réemploi / recyclage) avec les métriques associées
- Méthodologie de calcul CO2 : référence explicite à la Base Carbone ADEME ou à un équivalent reconnu
Pour comprendre vos obligations DEEE et les documents associés, consultez notre article sur la loi AGEC et les DEEE 2025.
À lire aussi
- RSE informatique : comment le rachat de parc renforce vos engagements ESG
- Loi AGEC et DEEE 2025 : obligations des entreprises
- Comment choisir son prestataire de rachat informatique ? Les critères essentiels
Vous préparez votre rapport RSE et avez besoin de données de traçabilité sur vos cessions IT ? Demandez votre estimation gratuite — nous fournissons systématiquement un rapport de traitement avec métriques CO2, taux de réemploi et bordereau DEEE, transmissible directement à votre équipe RSE ou à votre auditeur.